mardi 6 novembre 2012

Omega l'inconnu

Retour sur un graphic novel publié par Panini au mois d'octobre. Oméga l'inconnu est une mini-série de 10 numéros, écrite par Jonathan Lethem (auteur réputé de romans policiers et de science fiction) et dessinée par Farel Dalrymple (artiste au style indépendant qui a notamment publié Pop Gun War chez Dark Horse).La sortie est sortie en 2007 chez Marvel.

Après la mort de ses "parents", le jeune Alexandre Island se retrouve confronté à un monde qu'il ne connait pas bien, le monde réel. Il a en effet été éloigné de la société pendant toute son enfance...Pendant ce temps, un individu costumé passe son temps à se battre contre des robots tandis qu'un "super-héros" très médiatisé, appelé le Mink, fait la loi en ville...

Il est très difficile de se faire un avis définitif à la fin de la lecture de cette oeuvre tant elle est riche mais aussi surréaliste et déroutante ! Le lecteur se retrouve ainsi face à des situations toutes plus bizarres et incongrues les unes que les autres et on ne voit pas (tout de suite) forcément le rapport entre chacune d'entre elles...On se laisse donc guider par l'histoire sans forcément comprendre tous les tenants et aboutissants du scénario et des évènements qui se succèdent. De plus, l'ambiance graphique du titre, très particulier, contribue à renforcer ce sentiment d'être happé dans un univers étrange et éloigné des standards habituels... Mais j'y reviendrai en détail un peu plus tard...Bref, soyez prévenus, cette oeuvre est assez complexe et une deuxième lecture permettra sans doute un peu plus de clarté dans l'esprit du lecteur !

Néanmoins, cela vaut vraiment le coup de s'y attarder car Oméga : l'inconnu se démarque, tant par le fond que par la forme, des productions actuelles. L'auteur y aborde plusieurs sujets assez profonds : les notions de destin et d'humanité y sont abordées et on peut déceler à travers certains éléments ou situations les thèmes de la déshumanisation de la société et une critique acerbe des médias et de la télé-réalité. Autant de thèmes, traités avec finesse, qui apportent de la profondeur au récit et donne réflexion aux lecteurs qui se donnent la peine de gratter un peu sous la surface de l'histoire.

La narration, particulière, change selon les chapitres. Entre de longs monologues (spécifiques à la série originale de Steve Gerber parue à la fin des années 70), une tête de statue omnisciente et farceuse qui brise le 4ème mur, l'origine d'un des personnages racontée à la manière d'un écolier (et sans aucun dialogue) et une narration plus classique, le lecteur aura de quoi être surpris et désorienté ! Cette narration contribue donc grandement à l'identité particulièrement unique de cette histoire.

Enfin, l'auteur n'a pas oublié d'ajouter de l'émotion à tout cet univers singulier puisqu'on peut considérer que l'histoire principale est celle d'un jeune garçon qui apprend peu à peu à s'intégrer dans la société pour finalement s'accomplir pleinement et accepter son destin.
De plus, Lethem a pris soin d'ajouter quelques références savoureuses pour les Marvel fans (le numéro 1 est basé sur celui de la série des années 70 par exemple) qui feront surement sourire plusieurs d'entre vous.

Au niveau graphique, Darymple colle parfaitement à l'histoire racontée avec un trait résolument typé "indé". Il parvient à donner vie à ce monde surréaliste tout en nous offrant un New York détaillé et très ressemblant (on reconnait  ainsitrès facilement sa bibliothèque publique).

En résumé :

Oméga l'inconnu est une oeuvre atypique, riche et profonde qui fera surement date dans la production Marvel ! Des thèmes forts, une ambiance unique, une  large liberté artistique font de cette mini une expérience de lecture dont on ne sort pas indemne. Bref, courez l'acheter ! Moi, je vais entamer ma 2ème lecture...

vendredi 12 octobre 2012

Mystery men : La grande dépression

Nouveau 100% chez Panini avec la mini-série en 5 numéros Mystery Men. Parue aux USA entre aout et novembre 2011, cette mini est écrite par David Liss (auteur notamment de la dernière série consacrée par Black Panther) et dessinée par Patrick Zircher (Iron Fist, des fill-in de Iron Man, Hulk).

Dans les années 30, Dennis Piper alias l'Ombre, vole les riches afin d'aider la population touchée de plein fouet par la grande dépression. Mais quand sa petite amie Alice est assassinée, il se jure de retrouver le coupable et de lui faire payer. Sa quête de vengeance va l'amener à côtoyer d'autres mystérieux individus masqués et à franchir la porte du surnaturel..

Située dans les années 30, où une crise sans précédent faisait alors rage (l'histoire se répète ..), cette histoire de héros masqués est un énorme hommage aux comics de cette époque ainsi qu'à leur ambiance pulp. Le lecteur sera ainsi amener à découvrir cinq héros qui font fortement référence à des héros connus et des archétypes de ces années-là (The Spirit-enquêteur, The Rockeeter-aviateur etc...). Les lecteurs les plus expérimentés prendront donc plaisir à repérer les références qui parcourent tout le récit. Néanmoins, David Liss a su modifié ses héros pour leur donner une identité propre et ne pas faire d'eux une simple copie d'héros du passé. Les origines de chaque personnage sont d'ailleurs intéressantes, même si forcément classiques. Mention spéciale à celle du Chirurgien, qui est par ailleurs le personnage le plus réussi de la mini (tant au niveau de la personnalité que du chara-design).
Liss arrive aussi en peu de temps à créer de réels liens entre chaque personnage : des amitiés, de la méfiance, de la jalousie...qui rendent l'équipe vraiment attachante. Une véritable leçon d'écriture !
Seul le personnage du "méchant" pèche un peu. La faute a une caractérisation trop unidimensionnelle et a une relation avec le personnage principal trop prévisible et/ou déjà vue.

Le contexte socio-économique (pauvreté, ségrégation raciale...) sert de toile de fond à l'histoire et ajoute un réel atout à la mini. Des références à des évènements réellement passés sont même présentes ce qui témoigne de l'application de Liss à créer une image fidèle de l'ambiance de l'époque. Petit bémol, le principal méchant est entouré  de caricatures de capitaliste prêts à tout pour gagner quelques dollars...un peu simpliste, non ? Mais ce point négatif est vraiment mineur, pas de quoi gêner le lecteur.

L'histoire prend donc la forme d'une enquête policière, ponctuée de rencontres surprenantes et de scènes d'action. Sur ce point, l'originalité n'est pas vraiment au rendez-vous (mais au vu du type d'histoire racontée, on ne s'en soucie guère). Par contre, l'efficacité narrative est bien présente et on ne s'ennuie pas du tout ! 

Je ne connaissais pas énormément le travail de Patrick Zircher auparavant mais il livre ici une excellente prestation que ce soit au niveau du design très réussi des personnages,des décors ou de la narration.

En conclusion :

Vous l'aurez compris, cette mini-série est d'une excellente qualité ! Bénéficiant d'une très bonne écriture et d'une partie graphique remarquable, cet hommage à la période pulp de la bande dessinée américaine vaut vraiment le détour !


samedi 15 septembre 2012

Red Skull : Incarné


Retour sur le 100% Red Skull : Incarné, contenant la mini-série en 5 numéros écrite par Greg Pak (à qui l'on doit notamment Magneto : le testament) et dessiné par Mirko Colak.

Comment Johann Schmidt  est-il devenu l'incarnation du Mal que l'on connait ? Cette histoire va nous plonger dans la sombre Allemagne des années 20 à 30 et nous narrer l'évolution de ce jeune orphelin, qui tente tant bien que mal de survivre...

Raconter les origines d'un personnage aussi emblématique que monolithique (être le "nazi suprême" n'aide pas à être caractériser subtilement) s’avérait être un défi de taille pour Greg Pak...mais force est de constater que l'auteur a réussi son pari en donnant une histoire forte et une véritable épaisseur au personnage !
Pak ne tombe pas dans l'excès ou la caricature, écueils principaux de ce type d'ouvrage, et nous propose une description très juste de Schmidt et de sa psychologie. Nous n'aurons donc heureusement pas le droit au vilain caricatural qui est "méchant" sans raison...Au contraire, il agit toujours de manière réfléchie ce qui met en lumière son intelligence mais aussi, et surtout, sa facilité à manipuler les gens et son côté "prêt à tout" pour arriver à ses fins.
De plus, certains passages dans le récit sont réalisés dans le but de nous donner une sensation d'empathie envers le personnage, pour être un peu plus tard horrifié par les choix de ce dernier. Ce "grand huit émotionnel" est vraiment bien réalisé et a le mérite d’interroger le lecteur sur les choix qu'il aurait pu faire à cette époque. On peut aussi ce demander si, au final, cet orphelin ne serait pas devenu complètement autre chose s'il n'avait pas connu cette époque mais, sur ce point, chacun est libre de penser ce qu'il veut...
L'ambiance est sombre et pesante et toute l'histoire se déroule dans un contexte historique bien retranscrit. On voit que l'auteur s'est très bien documenté sur l'époque en question. Cela ajoute donc une valeur non négligeable à l'ouvrage, et peut être, remémorera quelques faits historiques à certains lecteurs. 

Colak et son style européen plutôt sobre servent le récit avec intelligence. Les   expressions faciales des personnages sont d'ailleurs très réussies et le chara-design de Schmidt permet un attachement dérangeant pour le lecteur, mais qui, encore une fois, appuie la narration et le propos de l'auteur avec brio.
Notons aussi une reconstitution minutieuse de l'époque avec des décors et surtout des uniformes plus vrais que nature.
En bonus, vous retrouverez les magnifiques couvertures de David Aja, inspirées des affiches de propagandes de l'époque. Du grand art !





En résumé :

Une solide mini qui raconte avec intelligence l'évolution d'un enfant à travers l'une des époques les plus sombre de notre Histoire. Un portrait équilibré qui évite l'écueil de la caricature et apporte une réelle profondeur à ce méchant culte, le tout porté par un dessin adéquate et une reconstitution historique de qualité ! Si ce personnage vous intéresse, ne ratez surtout pas cette mini !


lundi 3 septembre 2012

XMen Extra 91 : Magneto, not a hero

Retour sur le Xmen Extra 91 paru au mois d’Août et contenant la mini-série en 4 parties, "Magneto : Not a hero". Skottie Young est au scénario, Clay Mann au dessin.

Magneto est vu en train de massacrer un groupe d'humains anti-mutants. Pour prouver son innocence, ce dernier va devoir mener l'enquête et trouver celui qui se fait passer pour lui...


Autant ne pas y aller par quatre chemins, le scénario n'est vraiment pas le point fort du titre :
il ne se passe pas énormément de chose, l'intrigue tient sur deux lignes, les ficelles sont grosses et on devine assez rapidement les intentions des uns et des autres... Skottie Young a cédé à la facilité. 
De plus, le retour d'un certain personnage n'est pas expliqué de manière convaincante.
Reste que la caractérisation de Magneto et de son ambivalence est maîtrisée, c'est toujours ça. Néanmoins, on pourra un peu pester sur les scénaristes qui ont peine à faire avancer le personnage. Un pas en avant, trois en arrière...
Vous l'aurez compris, la partie scénaristique est donc très légère.

Le gros intérêt du titre est la partie graphique assurée par Clay Mann. On a le droit ici à un dessin proche du style d'Olivier Coipel avec des héros imposants et charismatiques, des scènes d'actions parfaitement lisibles, très bien exécutées et impressionnantes, des effets réussis et enfin des décors détaillés. Un sans faute de la part de cet artiste, qu'il serait bon de suivre de près !

Pour conclure :

Si le scénario est sans surprise et plutôt décevant, la partie graphique est de très bonne qualité. Une mini-série qui a permis de mettre en valeur un artiste à suivre. Pas totalement inutile, mais un peu cher pour le coup !

mardi 31 juillet 2012

Comics All Day : L'émission n°2 (juillet 2012)

L'émission du mois de juillet est en ligne !




Au menu de cette deuxième émission :

Spider-Man n°1
Wolverine n°1
Marvel Universe HS n°13 : Marvel Universe vs Wolverine
Grant Morrison présente Batman n°2 : Batman RIP
Deadpool Max n°2 : Longue vie à l'Hydra !
Vengeance : La brigade des jeunes
Brubaker présente Catwoman n°1 : D'entre les ombres
Batman Knightfall n°1 : La chute
Fury Max peacemaker : Opération pacification
Mickey par Floyd Gottferson chez Glénat

dimanche 22 juillet 2012

Batman Knightfall T1 : La chute

Urban édite pour la première fois en France la saga "Batman Knightfall", paru initialement en 1993. Ce long run, écrit par Chuck Dixon et Doug Moench et dessiné par Jim Aparo, Norm Breyfogle et Graham Nolam, est réputé pour être un élément important de la continuité du Caped Crusader. Voyons voir ce qu'il en est réellement.

Bruce Wayne n'est pas au mieux de sa forme. Fatigué, il ressent le besoin de souffler un peu, tout en sachant que sa mission ne lui permet aucun répit. Mais Bane fait sauter l'asile d'Arkham et libère ainsi les plus dangereux criminels de Gotham. Batman va prendre alors ses responsabilités, au détriment de sa santé physique et mentale...

Comme dit précédemment, cette saga est cruciale dans la continuité de Batman, pour les évènements qui s'y passent et leurs importantes conséquences. Mais en dehors de la scène choc que tout le monde connait, ce run vaut-il vraiment le coup d’être lu ?

Le scénario est assez basique : Batman va passer son temps à courir après les super-vilains d'Arkham que Bane a libérés, pendant que celui-ci l'observe dans l'ombre. Le côté "all star" est donc très prononcé et chaque numéro va correspondre à une aventure avec un vilain différent (même si certains chapitres vont en voir certains revenir). Tous, ou presque, sont présents : le Joker, Nigma, Killer Croc, Poison Ivy, l'Epouvantail etc...et c'est un véritable plaisir de tous les retrouver (ou les découvrir) dans une seule histoire. Malheureusement, même si l'aventure est rythmée, les scénaristes n'ont pas réussi à éviter l'écueil d'une certaine répétitivité (dans le schéma de ces chapitres) qui pourra lasser certains lecteurs. Le tout est d'ailleurs un peu long, puisqu'il faudra lire facilement 300 pages avant que la rencontre entre Bane et Batman ait réellement lieu.

Par contre, pas de monologue ou trop de pensées dites à voie haute : la narration, ainsi que le storytelling, ne souffrent pas de leur ancienneté et font preuve d'une bonne fluidité.
L'ambiance, noire,  est d'ailleurs très réussie avec un Batman complètement rincé ainsi qu'une ville en proie au plus grand des chaos.

L'identité de chaque personnage est bien respectée même si la description de leur psychologie est tout de même limitée. Par exemple, le duo Batman/Robin n'est pas très intéressant car Tim Drake est quelque peu infantilisé pendant tout le récit.
Par contre, le portrait de Bane est complet : imposant physiquement, il est aussi décrit comme un véritable stratège, posé et réfléchi. On sent véritablement qu'il va être un adversaire redoutable pour Batman. Pour les lecteurs de l'époque, cela devait être un choc car l'on se doute très clairement qu'il est capable de battre Bruce.

La partie graphique, elle, a subit le poids des années. Ce n'est, pour ma part, pas véritablement un problème. Quoi de plus naturel pour un récit qui a bientôt 20 ans ? Mais autant être prévenu : la colorisation est assez flashy, les décors assez peu détaillés. Mais surtout, le style de certains personnages pourra vous paraître un peu ridicule, comme si ils étaient sortis de la série Batman des années 70 (mention spéciale à Killer Croc ou à l'Epouvantail) ou d'un clip de George Michael sur MTV dans les années 90 ! (vive les nuques longues...)
A vous de voir si ces détails vous empêchent de rentrer dans le récit ou pas.

En résumé :

Ce premier tome est de bonne facture : on assiste à la chute de Batman avec intérêt jusqu'à un combat final épique (quoiqu'un peu court). Dommage que le scénario souffre d'une certaine répétitivité et que la partie graphique accuse le poids des années... 
Il est donc un peu trop tôt pour juger de la qualité de cette saga (la publication est prévue en 5 volumes) mais ce premier tome a assez d'atouts pour donner envie de lire la suite. Peut-être pas la tuerie espérée mais un divertissement de qualité tout de même.




jeudi 19 juillet 2012

Marvel Universe Hs 13 : Marvel universe vs Wolverine

Le Marvel Universe  HS 13, paru cette semaine, nous propose la mini-série, en 4 parties, Marvel universe vs Wolverine. Dessinée par Laurence Campbell et écrite par Jonathan Maberry, cette mini fait office de préquelle à l'autre mini Marvel universe vs Punisher (paru dans le marvel universe HS 9). Néanmoins, il n'est pas nécessaire de lire cette dernière pour profiter du récit.

C'est une journée banale pour Logan, assis dans son canapé à regarder un match de Hockey. Mais quand il voit Spider-man faire irruption dans le jeu et littéralement dévorer le Rhino sous ses yeux, il se dis que quelque chose cloche... C'est le début d'un engrenage qui va changer l'univers Marvel a jamais !


Attention ! Je tiens à vous prévenir tout de suite ! Nous ne sommes pas ici en présence d'un récit de zombies, très (trop ?) à la mode en ce moment... Car ici les "infectés" régressent à un état animal, primitif, tout en gardant leur intelligence. Cela change un peu la donne tout de même.

Autant le dire tout de suite, le récit ne brille pas pas son originalité. Il est en effet très simple mais arrive à ne pas nous ennuyer et à nous faire passer un agréable moment. L'auteur mise surtout sur l'ambiance et nous livre une histoire maîtrisée de contamination, teintée d'horreur, dans un monde post-apocalyptique. 
Le choix de Wolverine est judicieux : c'est un "prédateur" qui n'est pas réputé pour sa tendresse-c'est le moins qu'on puisse dire-et le fait de le voir à son tour se faire chasser et un peu dépassé par les évènements est une idée intéressante...
L'auteur a aussi eu la bonne idée de faire un team-up forcé avec le Punisher, ce qui entraîne des situations et dialogues souvent savoureux.
Dernier bon point, l'action ne manque pas et un duel classique a été révisté pour l'occasion. Oui, c'est du fan-service mais ça fait plaisir de temps en temps.


Passons maintenant à la partie graphique, principale atout de cette mini-série. Laurence Campbell (qui a souvent travaillé sur la série Punisher Max) réalise, comme toujours, des planches magnifiques et réussit à installer une ambiance noire des plus réussie ! Son dessin cru, avec des ombres très appuyées, colle parfaitement au ton désespéré de l'histoire. Le storytelling est un sans faute, avec un traitement très cinématographique (plans larges de la ville contaminée, zooms, ombres qui se découpent dans la nuit....). Une petite merveille graphique ! Notons aussi que la colorisation est excellente.

Un back-up de 8 pages, intitulé "L'aigle américain" est présent en fin de magazine. Scénarisé par Jason Aaron et dessiné par Richard Isanove, cette histoire est un vulgaire bouche-trou qui ne présente aucun intérêt...

Pour conclure :


Marvel Universe vs Wolverine est une mini-série qui vaut surtout pour sa partie graphique et son ambiance post-apocalyptique réussie. Si vous avez aimé la mini précédente, jetez vous dessus, vous ne serez pas déçu ! Les autres pourront toujours jeter un oeil curieux sur ce "what if ?".

lundi 16 juillet 2012

Batman T2 : Batman R.I.P

Un mois seulement après la sortie du premier album, Urban Comics continue sur sa lancée avec la publication de la suite du run de Grant Morrison paru initialement dans Batman (#672-681). C'est parti pour 10 épisodes dessinés par Tony Daniel pour la grande majorité.

Batman continue son enquête sur le Gant Noir, une mystérieuse organisation criminelle qui semble lui en vouloir particulièrement...Mais Bruce est-il seulement préparé aux attaques d'ennemis qui semblent particulièrement bien connaître ses faiblesses ?




Avant d'aborder le scénario, je tenais à aborder un point particulier important : l'écriture de Morrison est synonyme pour beaucoup de personnes de récit difficilement abordable voir incompréhensible. Cette rumeur est fausse ! S'il est vrai que l'auteur aime multiplier les fausses pistes et laisser le lecteur se poser des questions, une lecture attentive ainsi qu'un bon travail éditorial (ce qui est le cas ici) permettront à tous la bonne compréhension de cette histoire. 


Morrison continue de développer sa vision de Batman à travers une descente aux enfers particulièrement difficile pour notre héros. Il va en effet pousser Bruce dans ses retranchements les plus extrêmes que ce soit au niveau physique ou mental (pour arriver jusqu'à un niveau de déchéance qui m'a fait penser à Born again de Frank Miller, c'est dire...). En effet, Bruce est piégé et mis à mal extrêmement rapidement pour arriver jusqu'à un état où il n'arrivera plus à faire la différence entre ces démons intérieurs, ses rêves et la réalité. La narration de l'auteur est vraiment très efficace : alternant constamment entre le présent, le passé et des hallucinations, le lecteur va se retrouver, comme Bruce, complètement désorienté, à ne pas pouvoir faire distinctement la différence entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. On se trouve alors dans le même état psychologique que le personnage ce qui aide fortement l'identification et rend l'immersion dans l'histoire complète. Certes, certains lecteurs seront un peu frustrés de ne pas avoir les réponses à toutes leur questions tout de suite... mais n'est-ce pas justement quelque chose de voulu ? Vraiment très fort de la part de l'auteur, le gros point fort de ce volume !


La caractérisation de Batman est très bonne et l'essence même du personnage se révèle dans les actions et décisions qu'il va prendre au cours des évènements. Son portrait n'est d'ailleurs pas toujours à son avantage. En effet, Bruce est décrit comme courageux, intelligent et ayant une volonté de fer mais l'auteur n'oublie pas pour autant de montrer son côte sombre. Parfois à deux doigts de la folie, on le sent complètement paranoïaque (à tort ?), mais aussi manipulateur, (très) violent et sur de lui. Il fait souvent peur et on se demande si lui aussi n'est pas un dangereux psychopathe.
Un portrait tout en nuances qui ne plaira peut être pas à tout le monde mais qui à le mérite de provoquer le lecteur.


De manière générale, le "recyclage" d'éléments d'aventures passées de Batman est très bien géré et avec finesse : les idées foisonnent tout au long du récit, se mettent en place et forment finalement un tout cohérent avec une étonnante fluidité.
Le "méchant" de l'histoire (lui aussi repris d'une aventure passée) est original et la révélation en fin de tome de son identité laissera la majorité des lecteurs pantois... 
Petit bémol, j'ai trouvé la caractérisation du Joker un peu "light", le reléguant à une caricature de ce qu'il est. La faute à un côté "psychopathe" un peu too much. Dommage.


Si l'histoire m'a complètement emballée, je ne peux pas en dire autant des dessins. Passons tout de suite sur le fill-in (d'un épisode seulement) réalisé par Ryan Benjamin. C'est vraiment mauvais, on a même du mal à reconnaitre certains personnages. A vite oublier !
Tony Daniel s'en sort correctement et fournit plutôt une bonne prestation avec  un style réaliste (école Jim Lee) et des décors détaillés. Rien de gênant en soi mais je trouve qu'un autre dessinateur aurait peut-être été plus à même de retranscrire l'ambiance sombre et psychédélique de l'aventure...


Côté édition, Urban a bien fait les choses avec une présentation des personnages, des explications sur les références que l'auteur a utilisées et des pages supplémentaires (tirées du mensuel 52) qui permettent une meilleure compréhension de l'histoire par le lecteur. Parfait !


En résumé :


Grant Morrison arrive à plonger le lecteur profondément dans son histoire grâce à une narration particulièrement efficace et une ambiance franchement réussie. Désorienté, bousculé, ce dernier se pose des questions qui le plongeront dans le même état que son héros préféré.  
De plus, l'auteur ressort des éléments du passé afin de les moderniser et d'en faire un tout cohérent, ce qui n'était pas une mince affaire !
Seul bémol, le dessin qui, sans être mauvais (loin de là), n'arrive pas à sublimer le scénario de l’écossais.
Dans tous les cas, un moment riche en émotions qu'il ne faudra pas louper.







samedi 14 juillet 2012

Catwoman T1 : D'entre les ombres


Urban Comics réédite ce mois-ci la série Catwoman, écrite par Ed Brubaker, dessinée par Darwyn Cooke et parue initialement dans Detective Comics en 2002. Au programme, deux histoires en quatre parties chacune et deux petits back-up.

La première histoire s'intitule "Sur la piste de Catwoman".

Slam Bradley, un ancien flic de Gotham reconverti en détective privé, est engagé par le maire de Gotham. Il souhaite en effet savoir si Catwoman, que l'ont dit morte, l'est effectivement... Slam commence donc son enquête et s’aperçoit vite qu'il gène pas mal de monde...

Ce premier récit sert d'introduction au monde de Catwoman. L'enquête du personnage principal sert surtout à décrire Gotham, son ambiance moite, ses policiers corrompus etc... On retrouve ainsi l'ambiance du Gotham de Batman : Year One (ce qui était le but avoué de l'auteur).
On se retrouve ici dans une histoire classique de détective privé mais la narration et la mise en scène sont très efficaces et suivre les déboires de notre héros est vraiment jouissif. Il s'avère par ailleurs assez charismatique et on sourira souvent devant les commentaires ironiques et désabusés qu'il lâchera tout au long de son aventure.
On sent définitivement que Brubaker s'amuse avec les clichés du polar noir : le détective privé un peu bourru, la femme fatale, les mafieux peu accommodants etc... et c'est un véritable plaisir pour le lecteur de voir toutes ces scènes se succéder.
La meilleure histoire de l'album, à n'en pas douter.


La deuxième histoire s'intitule "Anonyme".

Selina Kyle hésite encore a ré-endosser le costume de Catwoman. Une série de meurtres perpétués dans son ancien quartier va la pousser à reprendre son ancienne identité afin d'arrêter le coupable.

Cette deuxième histoire va nous permettre de découvrir le personnage de Catwoman ainsi que son ambiguïté.
On découvrira ainsi sa personnalité au travers de son enquête qui va la mener aux frontières du surnaturel.  Si là aussi l'histoire est classique, elle n'en est pas moins parfaitement exécutée par Brubaker qui a le mérite de bien définir les bases de l'héroïne ainsi que d'introduire des personnages secondaires intéressants, qui joueront surement un rôle important dans la suite de la série.
Le suspense est maintenu jusqu'à la toute fin de l'histoire et le "méchant" a le mérite d'être original et évite tout manichéisme.
Une bonne histoire qui introduit de belle manière son personnage principal.

Parlons maintenant de la partie graphique de ces titres.
Le dessin de Darwyn Cooke réussissent parfaitement à retranscrire l'ambiance de polar noir que voulait donner Brubaker au titre. Plusieurs procédés graphiques permettent d'accentuer cette ambiance comme la présence de scènes où seules les silhouettes des personnages se découpent dans la nuit.
Catwoman/Selina Kyle est plus sexy que jamais (tout en ayant de la classe), espiègle, et aventurière. Elle apparait comme une femme forte et déterminée. En tout cas, on se prend vite d'affection pour elle, ce qui prouve que cette nouvelle version de Catwoman marche bien. A noter l'apparition d'un nouveau costume qui est encore d'actualité d'aujourd'hui.
Bref, du bon boulot !

Les deux histoires qui viennent clore ce tome sont plus anecdotiques mais néanmoins pas inintéressantes :
La première permet de définir un peu plus le personnage de Catwoman à travers plusieurs points de vue différents alors que la deuxième, très courte (deux pages), se veut plus être un clin d'oeil amusant aux lecteurs de comics aguerris (ou éternellement insatisfaits...ce qui peut être synonyme dans certains cas !).

En résumé :

Ce premier tome constitue donc une introduction au personnage de Catwoman ainsi que du monde dans lequel elle évolue.
Des histoires classiques mais solides, une bonne caractérisation, un dessin qui colle parfaitement à l'ambiance du titre. What else ? 
Seul regret, on reste un peu sur sa faim à la fin de ce premier tome. On en aurait voulu en effet un peu plus !
Espérons que les tomes suivants seront à la hauteur de celui-ci...






jeudi 12 juillet 2012

Vengeance : La brigade des jeunes

Retour sur la mini-série Vengeance écrite en 6 parties par Joe Casey et dessinée par Nick Dragotta.

Une équipe secrète de jeunes héros réussissent à délivrer un mystérieux prisonnier tandis que de jeunes vilains tentent de s'attaquer à des supervilains veillissants. Le prisonnier libéré leur indique alors que l'équilibre du monde est menacé...

Cette mini-série est en fait un crossover auto-contenu. En effet, l'ensemble du Marvel Universe est représenté est l'histoire se déroule des rues de Long Island jusque dans le cosmique et d'autres dimensions. On y croise aussi beaucoup de méchants connus (de Magnéto à Bullseye, c'était la contrainte principale donnée à l'auteur pour réaliser l'histoire). Le sentiment d'univers partagé est donc très fort et les situations et atmosphères sont variées.
Le récit est un gros blockbuster : il se passe beaucoup de choses dans ces 6 épisodes et le lecteur n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer ! On aura surtout droit a énormément d'action et de scènes impressionnantes qui suivront un scénario simple, mais non dénué d'intérêt, qui saura éveiller notre curiosité. Beaucoup de questions se posent en début de récit dont les réponses se dévoileront au fur et à mesure des épisodes.
Tous les personnages, ou presque, sont de nouvelles créations de Casey. Ils bénéficient tous d'un charisme indéniable mais malheureusement, l'aventure ne laissent que très peu de place à leur développement et on ne les connait pas assez à la fin de l'histoire. D'où la naissance d'un sentiment de frustration car on sent qu'ils ont chacun un potentiel qui mériterait d'être plus exploité... Peut-être dans une éventuelle suite ? Néanmoins, cette absence de profondeur n'est pas très gênante ici, puisque le but même de ce type de récit n'est pas de développer des personnages mais plutôt de fournir une histoire pleine d'action et de rebondissements. Et cet objectif est clairement rempli par l'auteur.
Celui-ci n'oublie d'ailleurs par de livrer les bases d'une réflexion sur les différentes générations de héros et sur les relations complexes qui relient le Bien et le Mal. Des idées intéressantes qui font de ce récit un peu plus que le cross-over de base (type Siège par exemple...).

Nick Dragotta s'est surpassé et son dessin est un niveau au-dessus des ces précédents travaux (par exemple, ses Amazing Spider-Man). Il livre un découpage et un storytelling efficace et inspiré et des scènes d'actions lisibles et spectaculaires. Comme dit précédemment, le design des nouveaux personnages est soigné et certaines pages sont carrément surréalistes et apportent de la fraîcheur et une identité graphique forte à l'histoire.

Pour finir, notons quelques coquilles et problèmes de traduction de la part de Panini, qui n'a même pas pris le soin d'expliquer certaines situations qui l'auraient sans doute méritées...Dommage.

En résumé :

De nouveaux personnages, une histoire dense, de nombreuses scènes d'action...le tout dans les décors variés d'un univers que l'on sent riche et vaste. Cette histoire prouve que l'on peut faire un crossover dense et intéressant, et ceci sans s'encombrer de tie-ins !
Si vous préférez l'action pure à la psychologie des personnages, cette mini sera parfaite pour accompagner votre séance de bronzette sur la plage.


dimanche 1 juillet 2012

Comics All Day : L'émission n°1

La première émission est en ligne !


http://www.youtube.com/watch?v=9XG1XFyIFDs&feature=plcp



Au menu de cette première émission :

Marvel Top n°6 : Hawkeye Blindspot
Spiderman Universe n°2 :Osborn
Batman 1 : la cour des Hiboux
Wonder Woman 1 : Liens de sang
Kingdom Come
Punisher Max 4 : Frank
Moon Knight 1 : Vengeur
Scalped 5 : La vallée de la solitutude
TMNT 2 : Ennemis un jour...


Pour aller plus loin sur les tortues ninja :

- le comic de la semaine d'Arkham :
http://www.youtube.com/watch?v=LMkTCb_orqU&list=UUE4i3OHPFosfM8EXAke-BOA&...
- le podcast de Comicsblog :
http://www.comicsblog.fr/13122-Podcast_76__Les_Tortues_Ninja

dimanche 24 juin 2012

Moon Knight 1 : vengeur

Moon Knight est de retour grâce à un relaunch orchestré par le mythique duo Bendis/Maleev. Au programme de ce 100%, les 7 premiers numéros de la série. Pari réussi ?

Marc Spector, aka Moon Knight, a élu domicile à Los Angeles en tant que producteur. Après avoir intercepté un mystérieux colis, il découvre qu'un nouveau caïd s'est installé en ville et décide d'en savoir plus...

Le défi était de taille pour Bendis : pas facile de relancer une série qui n'a jamais vraiment marché ces dernières années. L'auteur a donc eu la bonne idée de replacer le personnage dans un nouvel univers : Los Angeles et le milieu du cinéma. Ce nouvel environnement sied parfaitement à notre héros et permet de développer un peu le côté civil de Moon Knight, tout en permettant de placer quelques blagues bien senties.
Le nouvel ennemi, que l'on met quand même 6 épisodes à connaître, est bien plus puissant que Spector ce qui le place dans une situation de faiblesse. Là aussi, c'est une bonne idée puisqu'on se demande tout au long des numéros comment notre héros va pouvoir gérer la situation, qui semble sévèrement dégénerer...
Le problème, dans cette série, c'est la caractérisation des personnages, que je trouve assez superficielle :
en effet, Bendis a repris le principe des différentes personnalités de Spector en lui donnant 3 personnalités...correspondant à 3 vengeurs très connus. Alors ok, c'est sympa de le voir se prendre pour Wolverine par exemple. Mais n'aurait-il pas été plus judicieux, ou en tout cas beaucoup plus intéressant, d'inventer des personnalités de toutes pièces plutôt que de reprendre des personnages connus ? Peut être est-ce plus vendeur mais je trouve ça un peu facile... Echo, que certains on pu voir dans Daredevil, est montrée comme une fille canon et badass, rien de plus. Même la relation entre les deux personnages n'est pas très intéressante, car peu développée et assez clichée. Bref, grosse déception à ce niveau car Bendis est largement capable de mieux faire.
Coté histoire et narration, on retrouve les points faibles et points forts de l'auteur : tendance à la décompression (il ne se passe en effet pas énormément de choses en 7 numéros), mais aussi des dialogues au poil avec un humour bien présent.

Maleev assure comme toujours le job côté dessin, même si les premiers numéros ne sont pas à la hauteur de ces travaux précédents (la faute à des visages un peu ratés et des pages un peu brouillonnes). Il se rattrape néanmoins au fur et à mesure des numéros. Ne faisons pas la fine bouche, c'est quand même magnifique.
La colorisation est parfois un peu trop sombre à mon goût, mais ce détail ne vous empêchera pas de profiter du travail remarquable de l'artiste.

En résumé :

Si Bendis a réussi à placer Moon Knight dans un contexte intéressant, il a pour l'instant échoué à donner de la profondeur au personnage. L'aventure n'est pas dénuée d'intérêt mais manque un peu de rythme. Maleev réussit malgré tout a tirer son épingle du jeu, mais n'est pas au niveau de ces précédents travaux (Scarlet en tête). Une série moyenne, vite lue vite oubliée. Espérons que le deuxième tome relève la barre...


mercredi 20 juin 2012

Spiderman universe 2 : Osborn


Deuxième numéro du trimestriel Spiderman universe ce mois-ci avec la mini-série intitulé "Osborn". C'est parti pour 5 numéros de violence et de mauvaises intentions ! Le tout est scénarisé par Kelly Sue DeConnick  et dessiné par Emma Rios et Becky Cloonan (chapitre 5).

Après l’échec de son assaut contre Asgard, Norman Osborn est incarcéré au Raft. Mais, pour des raisons juridiques, il est transféré dans un centre de détention spécial...

Le récit s'intéresse à 3 personnages : Norah Winters, jeune reporter au journal Frontline (que l'on a déjà pu croiser dans Spiderman), qui a une revanche à prendre sur Osborn et décide d'enquêter sur ce mystérieux transfert. Sondra Muffoletto, sénatrice américaine, qui se retrouve empêtrée dans une partie de poker politique. Et finalement et surtout Osborn lui-même.
 En effet, si les 2 premiers personnages ne sont pas dénués d'intérêt, ils permettent surtout de parler d'Osborn à travers différents points de vue.
Les chemins de ces 3 personnages vont donc s’entremêler et finir par se réunir : ce type de narration évite l'écueil de la linéarité et maintient ainsi l'intérêt du lecteur.
Mais l'objet de l'histoire est principalement de dresser un portrait d'Osborn. Pour le coup, c'est réussi ! Norman y est plus monstrueux que jamais et la scénariste n'a oublié aucune des facettes de sa personnalité : manipulateur, pervers, mégalomane, mais aussi intelligent et complètement fou, cette mini série vous permettra de connaître le personnage dans toute sa complexité en seulement 5 numéros. Un pari qui n'était pas forcément gagné d'avance mais remporté haut la main par une scénariste qui a réussi à intégrer tous ces traits de caractère avec fluidité et finesse à travers le récit.
Petit bémol, l'histoire de ce transfert et tout ce qui en découle pourrait être résumé en quelques lignes (puisqu'il sert surtout de prétexte à la caractérisation d'Osborn) mais n'en demeure pas moins intéressant et captivant de bout en bout.
Enfin, l'ambiance carcérale dans laquelle se déroule l'aventure est glauque à souhait et contribue efficacement à plonger le lecteur dans le monde du bouffon vert.

Niveau dessin, les 2 artistes font un travail remarquable, malgré quelques pages un peu brouillonnes à mon goût. Attention toutefois, leur style respectif se trouve à des kilomètres du dessin dit "mainstream" et pourront ne pas plaire à tout le monde. 
Néanmoins, le design des personnages est appréciable : le coté très intellectuel et filiforme d'Osborn le rend paradoxalement encore plus terrifiant et les bagnards qui composent cette prison un peu spéciale sont tous très "charismatiques".

En résumé :

Cette mini série est une très bonne lecture et constitue un moyen simple et rapide de cerner dans toute sa complexité le personnage de Norman Osborn. Les personnages secondaires ne sont pas pour autant oubliés et demeurent intéressants. Le graphisme est un peu atypique et ne plaira pas à tous mais ne sera en aucun cas un frein à la lecture. Bref, un récit complet de cette qualité pour 5,70 euros, difficile de faire mieux !

samedi 16 juin 2012

Marvel Top 6 : Hawkeye blindspot

Le dernier Marvel Top s'intéresse à Oeil de Faucon et propose une histoire en 4 numéros intitulée "Hawkeye blindspot". Jim Mc Cann est au scénario aidé de Paco Diaz au dessin. Verdict ?

Clint Barton s'est fait frappé à la nuque lors d'une mission se déroulant en Russie. De retour à New York, il se rend compte qu'il perd peu à peu la vue...

Saluons tout d'abord l'édito de Marco Rizzo : simple et précis, il a le mérite de définir Oeil de Faucon et fait un historique rapide de ses aventures jusqu'à nos jours. Parfait pour les nouveaux lecteurs.

Le pitch de départ parait tout de suite intéressant : comment notre héros va-t-il faire sans son principal atout et quelles seront les conséquences sur son moral ? Le scénariste arrive ainsi à brosser un portrait très fidèle du personnage (rebelle, tête brulée ou encore moqueur) à travers les situations et les épreuves que Clint va endurer. Malin.
Cette mini revient aussi, par l'intermédiaire de plusieurs flashbacks, sur l'enfance de Barton et sur la manière dont il est devenu Oeil de Faucon. Elle est donc facilement accessible pour les lecteurs qui souhaiteraient faire connaissance avec le personnage. Mais le scénario ne s'arrête pas là puisqu'il fait justement le lien entre le passé de notre héros et l'histoire présente : cela contribue à enrichir encore un peu plus l'univers du personnage, à rendre l'histoire intéressante et introduit un peu d'émotion bienvenue.
Un scénario intelligent et solide écrit par un auteur qui connait bien son héros (et qui arrive aussi à justifier le nouveau look de Hawkeye...)

Niveau dessin, ne vous fiez surtout pas à la couverture ! Paco Diaz livre une copie honnête et des pages dynamiques. Petit bémol, certains visages ont tendance à se ressembler...mais ce n'est pas suffisant pour gêner la lecture. Remarquons que les flashbacks, aux tons sépia, ont été réalisés par des artistes différents pour un résultat à chaque fois très réussi ! (mention spéciale à Stefano Gaudiano et Lee Weeks)

En résumé :


Bonne pioche pour Panini ! Cette mini, avec une histoire et des graphismes solides, s'avère être un très bon moment de lecture.
Idéale, pour les fans du personnage ou les lecteurs désirant mieux le connaitre.

lundi 11 juin 2012

Batman T1 : La cour des hiboux

Sortie cette semaine du très attendu premier tome du relaunch de Batman, chez Urban Comics. Les sept premiers numéros de la série sont donc au programme avec Scott Snyder au scénario et Greg Capullo au dessin. Un futur classique?

Alors que Bruce Wayne nettoie la corruption omniprésente dans Gotham, la police découvre le cadavre d'un homme. Sur la scène du crime, de minces indices pointent vers une organisation secrète,  véritable légende urbaine. 
Bien que dubitatif, Batman décide de mener l'enquête...

Après un run très réussi sur la série Detective Comics (qui mélangeait avec brio drame familial, horreur et tension psychologique), Scott Snyder s'est vu confier la lourde tâche de relauncher le titre Batman. 
Le série garde sa nouvelle continuité mais l'histoire prend soin de présenter le Bat-verse et ses protagonistes dès le départ pour faciliter la compréhension des nouveaux lecteurs. Les 7 numéros qui constituent ce tome constituent donc un point d'entrée parfait pour les débutants, d'autant plus que Scott Snyder a choisi d'intégrer de nouveaux ennemis à l'univers de Batman pour créer sa première histoire. On peut d'ores et déjà dire que le contrat est rempli de ce côté là.

L'auteur nous livre une histoire plus super-héroïque que son "Sombre Reflet". 
Ce n'est pas une critique puisqu'il écrit ici avec la même efficacité qu’auparavant. On retrouve d'ailleurs plusieurs des thèmes qu'il a déjà creusé dans Detective Comics (la menace oubliée qui refait surface, les histoires de famille ou encore l'importance de la ville de Gotham...) ainsi que tous ses points forts :
Tout d'abord, le rythme du récit est extrêmement bien maitrisé. Chaque numéro commence tambour battant et termine sur un gros cliffhanger. Je peux vous dire que l'attente entre chaque single fut très longue pour les lecteurs VO (dont je fais partie) ! Snyder sait captiver le lecteur en proposant un récit sans temps mort, rempli de scènes d'action spectaculaires mais aussi le ménager un peu de temps à autre avec des moments plus intimistes.
L'aspect "Bruce Wayne milliardaire", le réel costume de Batman (!), a été gommé au maximum pour s'intéresser uniquement à la vraie nature du personnage. Et Snyder arrive a brosser avec finesse sa psychologie à travers ses actes et prises de décision mais aussi à travers un évènement marquant de son passé. Insistant notamment sur son coté dur, obsessionnel et paranoïaque, il nous en montre les conséquences négatives sur son entourage mais aussi les bénéfices qu'il peut en tirer en tant que héros... L'aspect "détective" n'est pas non plus oublié et achève un portrait bien complet qui devrait aider les débutants à bien cerner le personnage.
Pas de bonne histoire sans adversaire à la hauteur. Ici pas de problème, la cour des hiboux et son tueur sont travaillés et assez intrigants et mystérieux pour intéresser tout de suite le lecteur.
Enfin, l'intensité du récit gagne en puissance au fur et à mesure des numéros jusqu'au 6ème, dantesque et au 7ème qui annonce du lourd pour la suite.

La partie artistique ne manque pas à l'appel puisque Greg Capullo est au dessin. Je n'aimais pas forcément son style sur Spawn (un peu trop 90' et too much à mon goût) mais celui-ci à eu la bonne idée de rendre son trait plus sobre. Résultat : des personnages charismatiques (le design du tueur est plus que réussi), des scènes d'actions lisibles et spectaculaires et des décors minutieusement détaillés de toute beauté.
On sent le dessinateur un peu hésitant au début de l'aventure mais le dessin prend de l'ampleur au fur et à mesure de récit pour arriver à son apogée au numéro 6, où l'on sent que l'auteur s'est fait plaisir ! Capullo profite de son ambiance horrifique pour expérimenter un peu et c'est réussi.
De plus, le technique employée (je vous laisse la surprise) par les deux compères pour désemparer le lecteur, et donc s'identifier à la situation de Batman, s'avère efficace et fait de ce numéro le meilleur de l'album.
Citons aussi Jonathan Glapion qui fait un travail d'encrage remarquable (un petit exemple de son travail ici).


En résumé :

Incroyablement rythmée, l'histoire est passionnante de bout en bout : une nouvelle menace mystérieuse, des retournements de situation, un portrait de Batman complet ainsi qu'une exploration du passé de Gotham et de la famille Wayne sont autant d'arguments qui devraient vous donner envie de lire cette série. Et quand en plus c'est Greg Capullo au sommet de son art qui dessine, il faudrait vraiment faire preuve de mauvaise volonté pour ne pas acheter l' album ! 
Un futur classique, si la série confirme son excellence dans ses prochains numéros...




lundi 4 juin 2012

Wonder Woman T1 : Liens de sang

Avec un peu de retard sur le planning prévu, Urban sort cette semaine ses premiers titres post-relaunch.
Parmi ceux-ci, Wonder Woman hérite d'un scénariste taluenteux, Brian Azzarello, et d'un artiste encore peu connu, Cliff Chiang. Combinaison gagnante ?

Des sbires d'Hera, femme de Zeus, cherche une jeune femme, Zola... Mais Hermès, le messager des Dieux, s'interpose et envoie Zola auprès de Wonder Woman. Diana va alors décider de protéger la jeune femme...

N'ayant jamais lu de Wonder Woman, j'aborderai cette critique avec mes maigres connaissances sur le personnage, mais vous aurez au moins l'avis d'un débutant dans cet univers. Cette série se voulant justement un point de départ pour ces derniers, mon avis en sera sans doute d'autant plus intéressant.

Ce qui frappe en premier lieu, c'est le chara-design sublime des personnages. Quand on pense dieux grecques, on pense souvent à des mecs en toges qui boivent du vin sur des banquettes...ce n'est absolument pas le cas ici ! Cliff Chiang a en effet fournit un gros travail sur chacun des personnages présents dans le récit et à réussit à totalement effacer le côté un peu kitsch, ou en tout cas vieillot, des divinités grecques pour les intégrer à notre monde contemporain tout en adaptant leur design à leur personnalité et à leurs pouvoirs :  Héra dégage ainsi une prestance digne de son rang alors qu'on sent tout de suite en  voyant Stryfe la malignité et la ruse du personnage. Wonder Woman n'est pas oubliée non plus :
malgré un cahier des charges plus stricte sur l'apparence du personnage, l'artiste arrive en effet à rendre l'héroïne accessible grâce notamment à des tenues "civiles" et donc beaucoup plus sobres que son costume traditionnel.
Une réussite artistique totale qui joue pour beaucoup dans le plaisir de lecture (j'invite néanmoins les moins érudits d'entre vous à réviser leur mythologie grecque afin de profiter au mieux de l'histoire).
Petit bémol, si les quatre premiers numéros sont réalisés par Chiang, il passe la main à Tony Akins pour la fin du tome. Celui-ci n'est pas déméritant mais n'est clairement pas au niveau de son prédécesseur...dommage. La patte graphique est quand même conservée et c'est bien là le principal.

De son côté, Azzarello signe un scénario solide sur la base classique des coucheries entre dieux et de leur conséquences. Il réussit même à redéfinir les origines de Diana avec brio. C'est malin car cela permet de redéfinir complétement le personnage et introduit une dimension tragique à ses aventures. Cela justifie aussi certains de ces actes pour former un tout cohérent.
L'auteur n'a pas trahit l'identité des dieux qu'il utilise dans son histoire et chacun d'entre eux est bien exploité. 
Enfin, le récit est rythmé, parsemé de révélations et de scènes d'actions qui tiennent le lecteur en haleine jusqu'à la tout dernière page.

En résumé :

Ce relaunch est une très bonne surprise, tant artistiquement que scénaristiquement !
Les auteurs sont parvenus à moderniser avec brio l'univers de Wonder Woman et ses personnages.
Le scénario est intéressant et haletant. On a déjà hâte de connaître la suite !


vendredi 25 mai 2012

The Goon T9 : Calamité de conscience

Delcourt a sorti cette semaine le tome annuel de la série The Goon, écrite est dessinée par Eric Powell.
Ce 9ème tome contient les numéros 28 à 33 de la série, et en bonus, une histoire courte parue dans le 8ème TPB américain ainsi qu'une galerie d'illustrations.

Le Goon et Francky doivent affronter plusieurs de leurs anciens ennemis, de retour parmis les vivants... La tension s'intensifie entre les 2 gangs et personne n'en sortira indemne.

Petit résumé pour les non initiés : The goon est une série racontant les péripéties du Goon justement, et de son acolyte psychopathe Franky qui  luttent sans répit contre les goules et autres monstres qui voudraient s'emparer du contrôle de la ville. La série s'est vite démarquée par son humour décapant, sa galerie de personnages pittoresques et son ambiance aux petits oignons. Mais elle a su évoluer rapidement pour trouver un savant équilibre entre humour, action et émotion qui fait toute la force de la série.

Après plusieurs numéros plutôt sombres retraçant les déboires sentimentaux du Goon et les tragiques secrets de son passé, Eric Powell a décidé de faire avancer l'histoire en se recentrant sur le présent et la guerre des gangs qui se prépare. Le lecteur aura donc son lot d'action et de scènes de baston, sublimées par de splendides splash-pages. L'auteur continue d’approfondir ses personnages et une révélation très importante concernant le Goon sera faite, révélation qui s'avère très intéressante pour le futur de la série.
Powell n'oublie pas non plus d'approfondir les personnages secondaires, notamment Buzzard et le prêtre, ainsi que les sales gosses de la ville. Chaque personnage que l'on suit fait avancer l'intrigue et tous les chemins empruntés par ceux-ci se relient les uns aux autres à un moment donné ce qui donne une narration efficace qui n'ennuie pas !
Enfin, l'humour est toujours présent (un peu plus même que dans les précédents tomes, très sombres) : la galerie de personnages est toujours aussi drôle, quelques situations sont assez cocasses et les dialogues sont excellents. Tout cela, distillé avec parcimonie et évitant le piège du "too much" et de la lourdeur.

Au niveau graphique, Powell continue d'exceller. Il maîtrise avec brio l'ambiance de sa série et arrive à faire la transition entre un moment "cartoon" et un moment d'émotion avec une facilité déconcertante et ceci, notamment, en faisant varier les techniques de dessin. Certains décors crayonnés ou peints à l'aquarelle sont magnifiques.
Mention spéciale, à l'épisode 33 (le dernier de l'album), complétement réalisé à l'aquarelle avec des tons sépias, où les personnages ne s'expriment qu'avec des symboles ou dessins... Cet épisode est vraiment très surprenant, original et montre tout le talent de Powell : on se croirait vraiment devant un film muet !

Par contre, l'histoire supplémentaire s'avère anecdotique et ne passionnera pas les foules.


En résumé : 

Eric Powell montre une fois de plus qu'il est un, si ce n'est le scénariste/dessinateur le plus doué de sa génération. Sa série ne faiblit pas d'un pouce, bénéficiant d'un cocktail d'humour, d'action et d'émotions parfaitement dosé ! Bagarres, révélations et cliffanghers se succèdent sans aucun tant mort et on ne regrette qu'une seule chose : qu'il n'y ait qu'un seul tome par an en vf ! Un indispensable, tout simplement !

mercredi 16 mai 2012

[VO] Fury Max #1

Il y a quelques années déjà, Garth Ennis et Goran Parlov avaientt réalisé la première série du Punisher pour le label Max. La série est devenue rapidement culte pour de nombreux lecteurs grâce à ses nombreuses qualités.
Ce mois-ci, les deux compères remettent le couvert avec le personnage de Nick Fury. Rapide coup d’œil sur le premier numéro afin de savoir si notre scénariste écossais préféré n'a pas perdu la main. 

On retrouve Nick Fury à notre époque en train d'enregistrer ses souvenirs de guerre...
Il nous raconte alors sa participation à la guerre du Vietnam.




Guerre du Vietnam + Nick Fury + Garth Ennis. Si cette combinaison ne vous met pas l'eau à la bouche, c'est que vous avez un problème quelque part !
En effet, les lecteurs assidus de la série Punisher Max savent qu'Ennis aime donner à ses récits une résonance politique et ce premier numéro semble ne pas déroger à la règle. Fury se retrouve vite dans un nid de vipère, entre les français bien décidés à garder ce qui leur reste de pouvoir international et les américains qui voudraient bien capter une partie des richesses du pays en échange de leur aide...

Nick Fury est bien caractérisé : cynique à souhait, il ne manque jamais l'occasion de sortir une punchline bien sentie ("Jesus. Somebody better suck a good dick") et bénéficie d'un charisme fou.
Les personnages secondaires ne sont pas non plus oubliés. Entre un jeune soldat moins naïf qu'il n'en à l'air et la secrétaire ingénue d'un homme politique américain, notre héros aura de quoi s'occuper.

Enfin, notons le travail remarquable de Goran Parlov, qui, comme à l'accoutumée, arrive à saisir l'essence même des personnages grâce à un dessin simple mais extrêmement efficace et maitrisé.

En résumé : 

Ce premier numéro introduit les principaux protagonistes et l'ambiance de la série avec brio. Le scénario s'enclenche et on sait qu'on va avoir de l'action au prochain numéro. On a déjà hâte de voir le regard d'Ennis sur cette guerre  et ce qu'il va faire du personnage de Fury.
Enfin, Parlov est toujours au niveau et livre une copie de très bonne facture.
A surveiller avec attention.